Luxe / Industrie

LVMH : la mode et la maroquinerie replient à −5 %, la Chine renchérit

Le premier groupe mondial du luxe publie un T3 à peine positif (+1 %) alors que sa locomotive Louis Vuitton-Dior recule de 5 %, bien au-delà du consensus. La taxe sur les riches de Pékin s'ajoute à une demande déjà morose.

Drapeau Louis Vuitton sur la boutique des Champs-Élysées à Paris
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Le flagship Louis Vuitton des Champs-Élysées : la maison-mère subit le recul de la demande chinoise au T3 2026. Crédit : Ank Kumar / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 · source

Le premier groupe de luxe publie lundi soir des chiffres de troisième trimestre qui donnent le ton de la saison des résultats : +1 % de croissance organique, 18,5 milliards d'euros de ventes, mais une division Mode & Maroquinerie en recul de 5 % — là où le consensus tablait sur −1,8 %.

La division, qui pèse près de la moitié des ventes du groupe et loge Louis Vuitton et Dior, avait pourtant rejoint la croissance au deuxième trimestre (+1 %), un point d'inflexion interprété comme la fin d'une pente de sept trimestres négatifs. Le repli de ce T3 remet en cause cette lecture : « un contexte moins porteur en Chine » est le motif invoqué, tandis que les États-Unis (+5 %), l'Europe (+4 %) et le Japon (+6 %) progressent.

La directrice financière Cécile Cabanis a détaillé aux analystes une « forte détérioration de la confiance des consommateurs chinois, avec un impact tangible sur les dépenses discrétionnaires ». Un dispositif fiscal et un durcissement des contrôles annoncés à la fin du mois en Chine visent les hauts revenus et s'ajoutent à cette tendance de fond. Louis Vuitton a par ailleurs été confronté à une polémique en Chine après le procès contre la chaîne Molly Tea — jugée coupable de contrefaçon de son emblème à quatre pétales, elle a fait réagir les réseaux sociaux chinois, avec un impact estimé négatif sur le début du trimestre.

La lecture qui intéresse la chaussure et le cuir est celle de la vitesse : le luxe global tire sur la demande asiatique, non sur son éventail de prix. Dior affiche une résistance « à plat », portée par les nouveautés de Jonathan Anderson, et Louis Vuitton reste juste sous la division. Le message aux maisons périphériques est clair : la valeur viendra du repositionnement de l'offre, pas de la croissance automatique.

Pour l'artisanat, cette publication confirme que la valeur tient autant au geste qu'au logo — une maison centenaire ou une sneaker imprimée : la finance du luxe regarde désormais la vitesse de rotation de la demande, pas seulement l'histoire racontée.

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