Filière / Environnement

COP31 : la filière cuir renouvelle son manifeste, « le choix circulaire »

À quelques jours de la conférence climat, COTANCE et les organisations mondiales du cuir publient « Leather – the circular choice » : reconnaître le cuir comme matériau biosourcé circulaire, promouvoir la slow fashion et corriger une méthodologie d'empreinte jugée obsolète.

Illustration : peaux brutes et feuilles de cuir tannées dans une tannerie
Illustration : peaux brutes et cuirs finis dans une tannerie — la matière dont le manifeste réclame la reconnaissance « circulaire ». Crédit : Le Shoe Shine News (image originale générée)

La scène se répète chaque année au seuil de la conférence climat des Nations unies, mais avec une intensité nouvelle cette année : la filière mondiale du cuir a publié mardi 13 octobre son manifeste pour la COP31, sobrement intitulé « Leather – the circular choice », et signé par les grandes organisations du secteur — COTANCE côté européen, International Council of Tanners, IULTCS, Leather Naturally, Leather UK ou encore la Global Leather Alliance.

Le document part d'un constat catastrophique — 2026 a battu des records de température, océans compris — et d'un argumentaire économique : l'industrie textile pèserait 8 à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, une part largement portée par les fibres synthétiques d'origine fossile et le gaspillage de la fast fashion. Face à cette courbe, le manifeste plaque celle du cuir : un matériau biosourcé, issu d'un sous-produit de la viande, durable, réparable, biodégradable — en un mot, circulaire.

Le cœur du dossier est méthodologique. La filière conteste depuis des années les évaluations d'empreinte carbone du cuir qui l'imputent les émissions de l'élevage, en se fondant selon elle sur des données « anciennes, incomplètes et inexactes ». Le manifeste cite les lignes directrices publiées par l'UNIDO — selon lesquelles les peaux issues d'animaux abattus pour l'alimentation « ne sont par définition pas des facteurs de changement environnemental » — et rappelle que la demande de peaux n'influence ni le nombre d'animaux élevés ni celui des abattages. La victoire récente sur le terrain réglementaire européen — l'exclusion officielle des peaux et du cuir du règlement anti-déforestation EUDR, effective depuis le 14 septembre — sert ici de précédent et de tremplin.

Trois demandes sont adressées à la COP31 : reconnaître la nature cyclique et l'efficience climatique du cuir dans les produits de consommation ; promouvoir la « slow fashion » et les matériaux durables, réparables et longévifs, dont le cuir est l'archétype ; encourager, partout où c'est possible, les fibres naturelles renouvelables face aux matières fossiles. Les signataires réclament enfin des méthodes d'analyse de cycle de vie qui comparent correctement les sous-produits, intègrent la durée de vie et l'usage des matériaux — un point qui résonne directement avec le passeport numérique produit de la réglementation européenne Ecodesign, en cours de déploiement.

Pour le lecteur de la chaussure, l'enjeu est concret : le récit qui définit ce qu'est une chaussure « durable » se joue autant dans les documents de négociation climatique que dans les ateliers. Et la filière cuir, après son exemption EUDR, vient de poser sa copie pour le chapitre suivant.

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